Je deviens une sirène. Incarnation des fonds marins et des tragédies urbaines, je suis un poisson mondain. Je m'abandonne aux rites aquatiques, démon des navires
VIENS on va couler les trois mats, on pompera le sang des marins, on chantera les tempêtes, on fabriquera du rêve avec une douce odeur mortelle
Junkies de l'océan, bedave en symphonie, moi aussi je sais nager
Tout en grand, tout en bleu, la rébellion des algues en 69, révolution de mai 68 gravée dans les mémoires coquillages
Des passages entre la vie et la mort, finalement un néant de phosphore où l'on s'enfonce les yeux fermés
Des cartes aux trésors qui mènent loin de l'avant et de l'après, ou si près
Fantômes d'hier, blanches et noires, grandes et glissantes. Sur la piste elles fument la nuit sans gants elles touchent frappent effleurent elles DANSENT sans points d'interrogation
Pour partir en restant il faut dormir ou se piquer
Voir l'herbe haute, courir dans les champs, ne pas comprendre que tout ça, ce sont des gens, ce sont des cons, des assoiffés, des perdus, des grisâtres
Voir au bout des rues de grandes portes éclairées
De grands portes ouvertes
Des coupes des champagnes tombent, il pleut.
Embrasser les cheveux des sirènes, et ne pas avoir peur de se noyer. Ce n'est que ça.
Mes pattes en lionnes, mains escladeuses, frange baladeuse, rêves fiévreux, hard tech et ferrari, jus de raisin et un bon livre, silence et pieds dans l'eau, pareil_pareil_pareil.
